«Il haussa les épaules, et d'un accent ironique:
«—Alors, fit-il, vous trouvez que c'est un motif de se réjouir!...
«Hélas! il avait raison, il me fallut bien le reconnaître, lorsqu'on nous eut débarqués à l'île du Diable, au nombre de cent cinquante ou deux cents.
«Rien n'y était préparé pour nous recevoir.
«Il ne s'y trouvait, en fait de construction, qu'un blockhaus où logeait la compagnie d'infanterie de marine chargée de nous garder et un magasin pour les ustensiles et les provisions.
«Nous autres nous dûmes coucher dans des cases de fer couvertes en zing ou dans des cabanes de branchages tout aussi grossières que celles des sauvages.
«Dans les cases de fer, qui avaient été tout d'abord surnommées les marmites, on étouffait. Dans les cabanes, on grelottait, dès que s'élevait le brouillard blanc de la Guyane, si malsain qu'on l'appelle le linceul des Européens.
«Pour la nourriture, à peine étions-nous aussi bien qu'à bord du Rhône.
«Deux fois par semaine, un petit bateau à vapeur, l'Oyapock, nous apportait de Cayenne nos provisions, consistant surtout en viandes salées.
«Du reste, rien à faire en ces premiers temps, sinon quelques corvées à tour de rôle.