—Jamais...
—Il se pourrait qu'il eût laissé entrevoir ses projets d'avenir...
[Illustration:—Dieu me pardonne! Je crois que vous engraissez!]
Toutes ces questions, qui se succédaient sans seulement lui laisser le temps de reprendre haleine, devaient irriter et irritèrent, en effet, Jean Cornevin.
—Notre père, prononça-t-il, n'a rien dit jamais qui ne soit consigné dans la relation de Nantel...
Et, haussant les épaules, et non sans une certaine amertume:
—Croyez-vous donc, reprit-il, toi, Raymond, qui m'interroges, et toi, Léon, qui te tais, croyez-vous donc que cette relation si complète que je viens de vous lire, a été écrite au courant de la plume et comme au hasard! Naïfs vous êtes, si vous n'y avez pas reconnu le fruit lentement mûri de patientes réflexions et de prodigieux efforts de mémoire. Me prenez-vous donc pour bien plus enfant que vous ou pour bien moins ambitieux d'arriver à la vérité?... Allez, tout ce que vous pouvez vous dire je me le suis dit. Deux mois durant, plus tenace qu'un juge d'instruction, j'ai obsédé Nantel de questions, tremblant toujours qu'il n'oubliât une circonstance, un détail, un mot, d'où eût jailli une lumière plus vive. Pendant deux mois, ce brave et excellent homme s'est mis l'esprit à la torture pour se bien tout rappeler. Il ne sait rien de plus que ce qu'il a écrit et signé...
Jean s'était levé, et froissant le manuscrit de Nantel:
—Je ne vous en veux certes pas, dit-il, mais vous êtes des ingrats!...
—Oh!