Parfois, un vieux commandant d'artillerie, qui mangeait sa retraite aux Rosiers, venait leur tenir compagnie. C'était aussi un ancien élève de l'École polytechnique, et sa qualité de «cher camarade» et ses opinions avancées l'avaient fait admettre par M. de Boursonne.
Ainsi, leurs journées s'écoulaient paisibles et monotones, lorsqu'un matin, pendant qu'ils attendaient que maître Béru leur servît leur déjeuner, un piétinement inaccoutumé de chevaux retentit sur la grande route.
M. de Boursonne, qui était la curiosité même, s'approcha de la fenêtre, et presque aussitôt:
—Mâtin!... s'écria-t-il, venez donc voir, Delorge!...
Sur la route, une douzaine de chevaux passaient, habillés de superbes caparaçons de couleurs éclatantes et conduits par des domestiques en longs gilets à l'anglaise et en bottes à revers.
—Qu'est-ce que cette cavalerie? demanda M. de Boursonne à maître Béru, qui entrait, un plat de chaque main. Allons-nous donc avoir un cirque aux Rosiers?
Mais cette supposition parut choquer l'aubergiste.
—Monsieur l'ingénieur veut plaisanter, dit-il. Monsieur l'ingénieur doit cependant bien voir...
—Quoi?