«Après la plus détestable traversée, prolongée bien au delà de l'ordinaire par des coups de vent terribles et des calmes désolants, je suis enfin arrivé à Valparaiso, bien portant et plein d'espoir.

«Je me réjouissais et j'avais tort. Le plus aisé seulement était fait.

«Le diable, c'était d'aller de Valparaiso à Talcahuana.

«On me disait bien que, si je voulais patienter pendant un mois, je trouverais quelque navire qui m'y porterait presque pour rien; mais, outre que j'avais assez pour le moment de la mer, un mois me paraissait une éternité.

«Je me mis donc en quête de quelque autre moyen de transport, et grâce aux indications d'un compatriote, je ne tardai pas à trouver un brave homme qui, propriétaire de cinq ou six chevaux, s'engageait à me conduire avec mon bagage rapidement et à peu de frais.

«C'était une façon de parler.

«Voyager à cheval est charmant, dans un admirable pays tel que celui-ci, bien digne de son nom de paradis terrestre, mais c'est un genre de locomotion que je ne conseillerai pas aux gens pressés.

«Cependant, les étapes succédaient aux étapes; un jour vint où mon conducteur, étendant le bras, me dit:

«—Nous arrivons... C'est là.

«Il me montrait, au fond de la merveilleuse baie de Concepcion, à mi-côte d'une colline de terre rougeâtre, une longue rangée de cases à un seul étage, construites en briques séchées au soleil.