«C'est donc pour Melbourne que je vais partir, muni d'une lettre de recommandation de Pincheira pour son fils.
«Dès demain, je regagne Valparaiso où je trouverai plus aisément qu'ici une occasion pour l'Australie...
«Maintenant, je tiens le bout du fil, je ne le lâcherai pas...
«Au revoir donc, mon cher maître,—je n'ose dire à bientôt. J'écris à ma mère en même temps qu'à vous. Embrassez pour moi Raymond et Léon, et croyez-moi le plus reconnaissant et le plus dévoué de vos obligés...»
Me Roberjot poursuivait:
«Vous le voyez, mon cher Raymond, Jean a bien fait de partir. J'adresse par ce même courrier une copie de sa lettre à Léon.
«Votre mère et Mme Cornevin bien que fort tristes d'être séparées de leurs fils sont en bonne santé.
«Ici, rien de nouveau. Les embarras du gouvernement impérial deviennent de plus en plus visibles. Aurons-nous la guerre avec la Prusse? Aurons-nous un ministère libéral? L'un et l'autre peut-être,—peut-être ni l'un ni l'autre.
«Vous avez dû apprendre par les journaux le mariage de M. de Maumussy avec une jeune princesse italienne très riche. Il a été, à cette occasion, autorisé à prendre le titre de duc. On dit maintenant M. le duc de Maumussy gros comme le bras.
«D'un autre côté, mon très honorable ami Verdale prétend que M. de Combelaine est décidé à prendre femme avec ou sans l'autorisation de Mme Flora Misri. Ainsi, si vous connaissez une héritière, voilà un fameux mari.