Cinq minutes après, ayant rajusté sa toilette, il montait à grandes enjambées l'avenue du château.

Comme la veille, Mme de Maillefert se tenait dans le salon du premier étage, mais ses hôtes étaient moins nombreux. Plusieurs étaient partis le matin pour Paris, et M. Philippe et ses amis étaient allés pour quarante-huit heures à Angers.

Mais la duchesse de Maumussy restait.

De même que la veille, elle était assise près de Mlle Simone, sur la causeuse qui faisait face à la porte.

Elle était vêtue d'une robe d'intérieur d'étoffe noire, toute garnie de ruches ponceau, et dans ses cheveux, qui, aux lumières, se teintaient de reflets bleuâtres, éclatait une grosse touffe d'œillets rouges, les derniers de l'année.

Sa beauté un peu théâtrale resplendissait et éblouissait. Ses yeux noyés de langueurs avaient, sous la frange de leurs longs cils, des éclairs phosphorescents. On voyait en quelque sorte son sang frémir sous ses chairs nacrées. Et de toute sa personne se dégageaient des effluves de passion.

Près d'elle, la chaste et discrète beauté de Mlle Simone pâlissait, comme le chef-d'œuvre délicat d'un maître de génie près de l'œuvre à effets violents d'un charlatan de talent...

Lorsque le domestique annonça M. de Boursonne:

—A la bonne heure! s'écria Mme de Maillefert, voilà un homme de parole!...

Puis, tout aussitôt: