La mère si hautaine, le fils si impertinent d'ordinaire, s'empressaient autour de M. de Boursonne et de son jeune ami, et ne les laissèrent partir qu'après en avoir obtenu la promesse formelle de venir dîner le lendemain.

III

—Ah çà! qu'est-ce que cette charade qui se joue en votre honneur? demanda M. de Boursonne à Raymond, dès qu'ils se trouvèrent seuls.

—Eh! le sais-je plus que vous, monsieur? répondit le jeune homme.

—C'est que, voyez-vous, mon cher, poursuivit le vieil ingénieur, vous auriez peut-être tort de prendre pour argent comptant les démonstrations de ces Maillefert. D'aussi illustres égoïstes ne se donnent pas tant de peine pour rien. Il me paraît clair qu'ils ont des vues sur vous. Lesquelles? En avez-vous idée?

—Pas la moindre.

Le vieil ingénieur parut réfléchir.

Il était piqué de la réserve de Raymond. Et comme en dépit des conseils de la sagesse, il est rare qu'on se connaisse soi-même:

—J'ai pour principe absolu, reprit-il, de ne jamais me mêler des affaires des autres. Je ne prétends donc pas forcer vos confidences. Mais je croirais manquer à l'amitié que je vous porte, si je ne vous disais pas: Soyez prudent, prenez garde!...

Ces exhortations à la défiance étaient inutiles.