Si étranger que fût Raymond à la diplomatie des salons, si inexpérimenté qu'il pût être des intrigues misérables que voile parfois la politesse savante de la bonne compagnie, il comprenait que ce qui se passait autour de lui n'était pas naturel.

Un instinct supérieur à toutes les expériences lui disait qu'il était sérieusement menacé, qu'une partie était engagée dont son bonheur et son honneur étaient peut-être l'enjeu.

Il était sûr d'un danger prochain.

Mais quel était ce danger?...

A cette question, malheureusement, il ne trouvait pas de réponse, de réponse qui le satisfît, du moins.

Était-ce la duchesse de Maumussy qu'il devait surtout redouter?...

Si cette vanité dont l'homme le plus modeste porte en soi le germe lui disait que la jeune duchesse lui portait un intérêt plus que fraternel, la voix de la raison lui disait que cet intérêt n'était peut-être qu'une comédie.

Et le but, Raymond pensait l'entrevoir.

La dernière lettre de Jean Cornevin lui revenait à l'esprit.

Que disait-elle, cette lettre? Que Laurent Cornevin n'était probablement pas mort, ainsi qu'on l'avait cru, et que, par conséquent, la preuve du crime de MM. de Maumussy et de Combelaine n'était pas anéantie.