Puis, M. de Boursonne aidant, il le débauchait. Il venait le prendre au saut du lit, tantôt pour une partie de chasse avec les jeunes gens des environs, tantôt pour une promenade à Saumur ou à Angers.
Il se montrait avec lui, bras dessus bras dessous, aux Rosiers. Il arrivait à l'improviste partager son dîner du Soleil levant, déclarant, parole d'honneur! que maître Béru était un bien autre artiste que le cuisinier de Maillefert. A plusieurs reprises, il le traîna au Café du commerce pour faire une partie de billard.
Le parti pris de la mère et du fils était trop visible pour que M. de Boursonne ne le constatât pas.
Et la preuve qu'il existait, c'est que jamais Mme de Maillefert n'était avec Raymond aussi familière que les soirs où elle avait des étrangers dans le salon.
Alors, avec la plus adroite maladresse, elle saisissait les occasions bonnes ou mauvaises, de laisser éclater la plus excessive intimité.
Elle disait, par exemple, à Raymond:
—Vous qui êtes presque de la famille...
Lui n'avait pas tardé à reconnaître que M. Philippe et sa mère s'entendaient pour lui ménager des occasions d'entretenir Mlle Simone. A tout instant, sous un prétexte ou sous un autre, on les laissait ensemble.
Le temps était-il assez beau pour permettre une promenade au jardin?
—Offrez donc votre bras à Simone, mon cher Raymond, disait invariablement Mme de Maillefert.