Et il refusait obstinément de s'expliquer, disant que, s'il ne se trompait pas, les faits ne tarderaient guère à faire éclater la vérité.

Le plus extraordinaire, c'est qu'à mesure que Mme de Maillefert devenait plus ardente et plus expansive, Mlle Simone montrait plus de réserve et de froideur.

Autant sa mère s'ingéniait à lui ménager avec Raymond des heures de tête-à-tête, autant elle mettait à les éviter une ingénieuse obstination.

Nul moyen de lui parler. Toujours maintenant elle traînait après ses jupes miss Lydia Dodge, sa gouvernante anglaise, laquelle, préalablement stylée, se jetait à la traverse de tous les entretiens.

—Elle me hait, pensait Raymond, en proie à un sombre désespoir. Que lui ai-je fait? En quoi ai-je pu lui déplaire?...

Et il s'effrayait de la voir de plus en plus pâle et toujours plus froide et plus triste.

Elle se donnait pourtant beaucoup de mouvement. Elle passait des journées entières dehors, à parcourir ses propriétés, suivie d'une espèce d'homme d'affaires, qui logeait au Soleil levant, et qui, de l'avis de maître Béru, devait être un «marchand de biens».

—Pauvre fille!... disait M. de Boursonne, ils finiront par la tuer.

Il est sûr que souvent Raymond voyait à Mlle Simone les yeux rouges comme si elle eût beaucoup pleuré, et que souvent il fut sur le point d'enfreindre la défense qu'elle lui avait faite de l'interroger.

Jusqu'à ce qu'enfin, la surprenant un jour en larmes, n'y tenant plus, et oubliant la présence de miss Lydia Dodge: