«—Lis les journaux de France, me dit-il; avant longtemps il y sera question de Laurent Cornevin.»
Ainsi, peu à peu, grâce à des renseignements recueillis à des milliers de lieues, à la Guyane, au Chili, en Australie, se trouvait reconstituée l'existence de Laurent Cornevin pendant les quatre années qui avaient suivi sa disparition.
—C'est providentiel! murmurait Raymond.
M. de Boursonne ne répondit pas.
Ayant repris haleine, il poursuivait la lecture du récit de M. Pécheira, si vivement traduit par Jean.
«Quels étaient les projets de Laurent Cornevin?
«Il ne me les avait pas confiés, mais il m'en avait assez dit, en diverses occasions, pour qu'il me fût aisé de les deviner.
«Je savais qu'il avait été témoin d'un grand crime, et que les auteurs de ce crime, des gens puissants, redoutant son témoignage, l'avaient fait enlever et déporter à la Guyane. Vingt fois je lui ai entendu dire qu'il se vengerait.
«Et connaissant sa puissante énergie, je me disais qu'il avait dû méditer froidement quelque châtiment, terrible comme le crime, et qu'il fallait s'attendre à quelqu'une de ces vengeances éclatantes, qui, de temps à autre, épouvantent les scélérats, trop souvent impunis.
[Illustration: Elle revenait d'une promenade à cheval.]