—D'abord, un de ces messieurs qui sont arrivés l'autre soir au château, un gros, bien nourri, rouge, luisant, avec une chaîne d'or épaisse comme le pouce lui battant la bedaine, respirant comme s'il soufflait des pois et regardant les gens du haut en bas, comme s'il était assis sur une nue...

—M. Verdale! murmura Raymond.

—Enfin, interrogea M. de Boursonne, qu'a-t-il fait?

—Lui personnellement, rien. Mais minute: hier, sur les midi, voilà mon particulier qui arrive aux Rosiers en voiture. S'il se fût promené seul, dans le bourg, on n'y eût pas pris garde; on ne le connaît pas. Mais il avait rendez-vous au Café du commerce avec des gens qu'on connaît, un gaillard de la bande noire, vous savez, un marchand de biens de Saumur, une espèce d'homme d'affaires de Saint-Mathurin, et enfin un ancien garde de Mlle Simone. Pour lors, ils sont allés tous ensemble chez un notaire, pas celui de Mlle Simone, bien entendu, et de là chez le percepteur. Un ancien huissier d'ici les a rejoints et ils sont partis...

M. de Boursonne souriait d'un sourire passablement faux.

—Parbleu!... fit-il, si vous ne savez que cela!...

—Oh! attendez. Quand je dis qu'ils sont partis, je veux dire qu'ils sont allés là où Mlle Simone a des biens, et là, tant que la journée a duré, malgré la pluie et le vent, ils ont trépigné dans les terres labourées, comme des gens en train de conclure un marché, et même on a entendu le gros rouge qui disait: «Ça vaut de l'argent, mais pas tant qu'on croit...»

[Illustration: Il fut attaqué en route.]

Là se bornaient les renseignements du digne hôtelier du Soleil levant, mais ils avaient bien leur valeur.

Aussi, dès qu'il se fut retiré: