—Bon jeune homme! murmurait M. de Boursonne. Dieu est puissant. Les imbéciles même ont leur utilité ici-bas. En voici un qui nous rend un service que ne nous rendrait pas un homme d'esprit. Je lui offrirai de grand cœur un verre de Bourgueil, ce soir...
Mais il n'eut pas cette dépense à faire. M. Bizet dut être retenu à Saint-Mathurin. Et ce fut le vieux jardinier de Maillefert qui, sur les neuf heures, se présenta au Soleil levant, demandant M. Delorge.
Il apportait une lettre de Mlle Simone.
Tout ce que Raymond avait d'argent sur lui, il le mit dans la main du bonhomme; puis d'un seul coup d'œil, il lut:
«Tout, après votre départ, s'est mieux passé que je ne l'espérais. Il n'a plus été question de rien. Ma mère est avec moi ce qu'elle était avant l'horrible scène. Quelques ordres que je viens de lui entendre donner me font presque croire qu'elle quittera Maillefert demain...»
Mlle Simone ne se trompait pas.
Le lendemain matin, au moment où M. de Boursonne et Raymond se mettaient à table, un grand bruit les attira à la fenêtre, juste à temps pour voir passer comme l'éclair deux voitures et un fourgon...
Au même instant, maître Béru entrait dans la salle.
—En voici bien d'une autre, disait-il. Mme de Maillefert et M. Philippe s'en vont avec toute leur société. Ils partent, ils sont partis... Ma foi! bon voyage!
M. de Boursonne triomphait.