Mais si Mme Delorge ni M. Ducoudray n'avaient rien vu, Raymond avait près de lui des yeux auxquels pas un des mouvements de sa physionomie n'avait échappé.

Il venait à peine de passer dans sa chambre, son ancienne chambre de lycéen, lorsque Mlle Pauline y entra. D'un geste amical elle posa la main sur l'épaule de son frère, et doucement:

—Qu'as-tu? lui demanda-t-elle.

Il tressaillit.

—Que veux-tu que j'aie? répondit-il, en se forçant à sourire, je suis un peu fatigué, voilà tout.

Elle hochait la tête.

—C'est ce que tu as dit à maman, reprit-elle, et maman t'a cru..., mais moi! Je t'ai bien observé pendant le déjeuner. Ton corps était avec nous, c'est vrai, mais ta pensée était bien loin.

Vivement, à deux ou trois reprises, Raymond embrassa sa sœur.

—Ah! cher petit espion!... disait-il avec une sorte de gaîté contrainte.

—Ce n'est pas répondre, fit-elle tristement.