Elle consentirait donc, elle, après ses promesses, après ses serments... Était-ce possible? était-ce même probable?...

D'un autre côté, pourtant, qui disait que la duchesse de Maillefert, conseillée par Combelaine, aidée par Mme de Maumussy, n'avait pas enfin trouvé une combinaison diabolique pour décider sa fille au plus odieux des sacrifices!

Une phrase de M. Philippe dans les ruines était, en ce sens, une indication.

—Nous avons, avait-il dit en entraînant sa sœur, du linge sale à laver en famille.

Ne pouvait-on pas en conclure qu'il avait quelque aveu pénible et honteux à faire, qu'il avait à s'adresser encore au dévoûment de Mlle Simone?

Or le passé était là pour révéler de quel excès d'abnégation la malheureuse jeune fille était capable, dès qu'on s'adressait à la grande idée qu'elle avait du devoir.

C'était si plausible, cela, que Raymond, en y réfléchissant, tressaillit d'espérance.

Et cependant, à toutes ces conjectures, il y avait une objection terrible.

Comment la duchesse de Maillefert et M. Philippe, vivant uniquement de la fortune personnelle et des revenus de Mlle Simone, pouvaient-ils songer à la marier? Ils ne le voulaient pas, autrefois, absolument pas, à aucun prix. Leurs idées avaient donc bien changé, du jour au lendemain. Pourquoi? Quel calcul abject, quelle infamie nouvelle cachait ce brusque revirement?...

—Ah! n'importe! se disait Raymond, je sauverai Simone en dépit d'elle-même, je la sauverai, je le veux... Mais il me faut arriver jusqu'à elle, la voir, lui parler...