Puis après un moment:

—Peut-être est-il un moyen, ajouta-t-il.

La nuit venait, les boutiques se fermaient... Il remonta la rue de Grenelle jusqu'à la hauteur de l'hôtel de Maillefert.

En face, plusieurs maisons s'élevaient, de celles qu'on appelle des maisons de produit, et à la porte de l'une d'elles pendait un écriteau annonçant aux passants de «jolis appartements fraîchement décorés à louer présentement».

—Voilà mon affaire, se dit Raymond.

Et traversant la rue, il entra bravement.

—Hein! de quoi!... vous voulez visiter des appartements à cette heure-ci!... lui répondit la concierge, à laquelle il s'était poliment adressé. Jamais de la vie!... Demain, je ne dis pas, il fera jour...

Mais Raymond avait en poche de ces arguments qui dissipent la mauvaise humeur des concierges comme un rayon de soleil le brouillard.

Celle-ci, à la vue d'une belle pièce de dix francs toute neuve, se leva, souriante, et, allumant une bougie, elle conduisit l'aspirant locataire à un petit appartement du troisième étage qu'elle lui déclara valoir mille francs.

C'était hors de prix, car l'appartement «fraîchement décoré» était d'une malpropreté rare. Les plafonds enfumés s'écaillaient de tous côtés. Le papier graisseux gardait des traces de tous les locataires qui s'y étaient succédé depuis la première révolution.