L'instant d'après, un autre homme sortait, pâle, effaré, un revolver à la main, qui criait:

—N'entrez pas! On assassine ici!

Cet autre était M. Ulrich de Fonvielle.

Tels étaient les faits qui circulaient de bouche en bouche.

Que s'était-il passé dans la maison? Personne encore ne le savait exactement, et personne, il faut le dire, ne semblait tenir à le savoir. Visiblement les opinions étaient arrêtées.

A la détonation du revolver d'Auteuil, deux partis immédiatement s'étaient dressés, qui là, sur-le-champ, sans informations, avant toute enquête, se disputaient la possession exclusive de la vérité.

A entendre les uns, le prince Pierre Bonaparte, attaqué et provoqué chez lui, n'avait fait, en tuant Victor Noir, qu'user du droit sacré qu'a tout citoyen de se défendre et de faire respecter sa maison.

Selon les autres, et c'était l'immense majorité, il n'y avait même pas eu de provocation, et Victor Noir était tombé victime du plus lâche des attentats.

Entre ces deux camps, quelques gens de bon sens essayaient d'élever la voix.

—Si nous attendions d'être éclairés, proposaient-ils, avant de nous prononcer?...