Raymond, en sortant de l'hôtel de Maillefert, était un autre homme. Il comprenait maintenant que M. de Combelaine et les Maillefert s'exécraient, comme il arrive toujours aux complices, d'accord tant qu'il est question de dépouiller leur victime, et qui en viennent aux coups de couteau dès qu'il s'agit de partager le butin.
[Illustration:—Vous, dit-il, pas un ordre à vos agents, ou vous êtes mort.]
Et là-dessus il bâtissait le plan le plus simple, un plan qu'il était bien résolu à exécuter avec cet effrayant sang-froid de l'homme pour qui la vie n'a plus aucune valeur.
Il allait droit au comte de Combelaine, et il lui disait simplement:
—J'aime Mlle de Maillefert, et elle vous est fort indifférente. Je suis aimé d'elle, vous en êtes haï. C'est sa fortune que vous convoitez? Prenez-la. Quant à l'épouser, n'y songez plus, ou vous me forcerez de vous brûler la cervelle.
—Et je la lui brûlerai, pensait-il, comme à un chien enragé, à bout portant!
Ainsi réfléchissant, il avait gagné les Champs-Élysées. Il prit la rue du Cirque, et bientôt arriva à ce charmant hôtel que M. de Combelaine devait à la munificence impériale.
Raymond sonna, et un domestique en habit noir à la française étant venu lui ouvrir:
—M. de Combelaine? demanda-t-il.
—Monsieur le comte n'est pas à la maison, répondit le domestique.