—Comment pouvez-vous dire cela! chère demoiselle, s’écria-t-elle. Ne savez-vous pas combien M. le comte, Dieu ait son âme! était un homme inquiet. Je parierais, voyez-vous, qu’il y a un bout de testament quelque part.
L’œil du juge ne quittait plus le chaton de sa bague.
—On peut toujours chercher avant d’apposer les scellés... Vous avez qualité pour me requérir... ainsi, si vous le voulez?
Elle ne répondit pas.
—Oh! oui... insista Mme Léon, je vous en prie, monsieur, cherchez...
—Mais où serait ce testament?...
—Ici, pour sûr, dans ce secrétaire, ou dans un des meubles du cabinet de défunt M. le comte.
Le juge de paix connaissait l’histoire de la clef, mais peu importe.
—Où est la clef de ce secrétaire? demanda-t-il.
—Hélas!... monsieur, répondit Mlle Marguerite, je l’ai brisée hier soir quand on a rapporté M. de Chalusse mourant. Pourquoi?... vous devez le comprendre... J’espérais éviter ce qui est néanmoins arrivé... Puis, je savais que dans ce secrétaire se trouve une forte somme en or, et plus de deux millions en billets de banque et en valeurs au porteur... Cela tenait toute la tablette supérieure.