Il était militaire, incroyablement fier de son uniforme, insolent, grand parleur et toujours enchanté de soi: il devait se supposer irrésistible.

C’est de la bouche de cet homme que j’entendis le premier mot... grossier qui offensa mon ignorance... Ce ne devait pas être le dernier.

Il avait déclaré que «la gamine» lui plaisait, et je fus obligée de me plaindre à Mme Greloux des obsessions de son frère. Elle se moqua de moi en disant:

—Bast! il fait son métier de joli garçon!

Oui, voilà ce que ma patronne me répondit:

Et c’était une honnête femme, cependant, une épouse dévouée, une bonne mère... Ah! si elle eût eu une fille!... Mais pour une pauvre apprentie sans père ni mère, il n’est pas besoin de tant de façons!

Elle avait fait de belles promesses à Mme la supérieure, mais elle s’en croyait quitte avec quelques phrases banales.

—Et enfin, ajoutait-elle toujours, tant pis pour celles qui se laissent attraper.

Heureusement, j’avais pour me garder ce même orgueil que si souvent on m’avait reproché. Ma condition était bien humble, mais mon cœur était haut... Et déjà ma personne me semblait sacrée comme un autel...

Il fut une grâce de Dieu, cet orgueil, car je lui dus de ne pas même être tentée, quand autour de moi j’en voyais tant d’autres succomber...