M. de Chalusse me proposa de me chercher une autre maison d’éducation, me promettant, instruit qu’il était par une désolante expérience, de prendre assez de précautions pour assurer mon repos.
Mais je l’interrompis, dès les premiers mots, pour lui dire que je rentrerais à mon atelier de reliure plutôt que de hasarder une nouvelle épreuve.
Et ce que je disais, je le pensais.
Un subterfuge indigne de moi—une supposition de nom, par exemple—pouvait seul me mettre à l’abri des avanies de Sainte-Marthe. Or, je me savais incapable de soutenir un mensonge... je sentais qu’au premier soupçon je confesserais tout.
Ma fermeté eut cet avantage de rendre quelque résolution à M. de Chalusse.
Il s’écria, en jurant—ce qui ne lui arrivait presque jamais—que j’avais mille fois raison, qu’il était las, à la fin, de trembler et de se cacher, et qu’il allait prendre ses mesures pour me garder près de lui.
—Ainsi, conclut-il en m’embrassant, le sort en est jeté, et il arrivera ce qui pourra!...
Mais ces mesures dont il parlait exigeaient un certain délai, et en attendant il décida qu’il m’établirait à Paris, la seule ville où on puisse échapper aux indiscrétions.
Il acheta donc pour moi, non loin du Luxembourg, une maison petite et commode, avec un jardinet sur le devant, et il m’y installa avec deux vieilles bonnes et un domestique de confiance.
Comme il me fallait, en outre, un chaperon, il se mit en quête et m’amena Mme Léon.