Grave comme s’il eût manié des billets de banque, M. Fortunat se mit à compter et à trier des titres. L’autre, pendant ce temps, tirait son porte-monnaie.
—Combien vous dois-je?... demanda-t-il.
—Trois mille francs.
L’honorable négociant bondit.
—Trois mille francs!... répéta-t-il. C’est une plaisanterie, sans doute!... Ces cent vingt mille francs de chiffons ne valent pas un louis.
—Je n’en donnerais même pas cent sous, prononça froidement M. Fortunat. Il est vrai que je n’en ai pas besoin pour désintéresser mes créanciers... Vous, c’est une autre affaire... ces chiffons vous sauveront cent mille francs au moins, je vous demande trois pour cent; ce n’est pas cher... Après cela, vous savez, je ne force personne...
Et d’un ton terriblement significatif, il ajouta:
—Vous trouverez assurément de ces titres à meilleur marché, mais prenez garde, en vous adressant ailleurs, de donner l’éveil à vos créanciers.
—Il me dénoncerait, le coquin!... pensa le commerçant.
Et se sentant pris: