—On en achète!
Le marchand de charbons écarquillait de grands yeux surpris.
—Pardon, murmura-t-il, je ne comprends pas parfaitement.
Il ne comprenait même pas du tout, mais M. Fortunat joignant la démonstration à la théorie, ouvrit une grande caisse de fer, et alors apparurent aux regards éblouis du client des liasses énormes de toutes ces valeurs qui inondèrent la place il y a quelques années et ruinèrent tant de pauvres ignorants et d’avides imbéciles. Alors apparurent des actions et des obligations des Mines de Tifila et du Gouvernail Robert, des Messageries Continentales et des Houillères de Berchem, des Pêcheries Groenlendaises et du Comptoir d’Escompte Mutuel.
Chacun de ces titres avait eu son quart d’heure de vogue et s’était payé à la Bourse cinq cents ou mille francs... A cette heure, à eux tous, ils n’eussent trouvé d’acheteur qu’au poids du papier...
—Admettez, cher monsieur, reprit M. Fortunat, que vous ayez un plein tiroir de ces valeurs...
Mais l’autre ne le laissa pas achever.
—Je vois la chose, s’écria-t-il, je la vois. Je puis vendre et empocher en toute sécurité. Il y a là de quoi représenter mille et mille fois mon actif...
Et sa joie débordant:
—Donnez-moi, commanda-t-il, pour cent vingt mille francs de ces valeurs... et surtout assortissez-les... je veux que mes créanciers aient un échantillon de chaque.