Prétendre que M. Fortunat n’était aucunement ému serait beaucoup s’avancer. Il était sensible en dehors des affaires.
Mais son émotion était singulièrement mitigée de la satisfaction qu’il éprouvait d’avoir si vite et si bien réussi. Mme d’Argelès avait tout avoué!... C’était une victoire, car, faut-il le dire, il avait tremblé qu’elle ne niât tout et ne le mît dehors dès les premiers mots.
Certes, il apercevait bien des difficultés encore entre sa poche et la succession du comte de Chalusse, mais il ne désespérait pas de les vaincre, après avoir si brillamment engagé la partie.
Et il commençait à soupirer quelques paroles de consolation, quand Mme d’Argelès, tout à coup, se leva en disant:
—Il faut que je le voie!... Je veux le voir une dernière fois!... Venez, monsieur!
Hélas! quelque terrible souvenir la cloua sur place aussitôt.
Elle eut un geste désespéré, et d’une voix où éclataient toutes les souffrances, toutes les rages de la vie:
—Mais non! s’écria-t-elle, non!... Cela même je ne le puis pas!...
M. Fortunat ne laissait pas que d’être assez embarrassé de son personnage, et même un peu inquiet.
Immobile et tout pantois, il considérait d’un œil ahuri Mme d’Argelès qui s’était rassise, et qui sanglotait, la tête appuyée sur un des bras de son fauteuil.