—Je terminerai en dix mots, déclara-t-il. M. de Chalusse n’ayant d’autre héritier que vous, madame, je venais vous engager à faire valoir vos droits.
—Eh bien?...
—Vous n’avez qu’à vous présenter et à établir votre identité pour être envoyée en possession de la succession de votre frère.
Mme d’Argelès l’enveloppa d’un regard où il y avait autant d’ironie que de défiance, et après une minute de réflexion:
—Je vous suis très-reconnaissante de votre démarche, monsieur... prononça-t-elle; seulement, si j’ai des droits, il ne me convient pas de les faire valoir.
Positivement, M. Fortunat faillit tomber à la renverse.
—Vous ne parlez pas sérieusement, s’écria-t-il, ou vous ignorez que M. de Chalusse laisse peut-être vingt millions...
—Mon parti est pris, monsieur... irrévocablement.
—Soit, madame... Mais il se peut que le tribunal cherche des héritiers à ces immenses richesse, désormais sans possesseur connu... Il se peut qu’on arrive jusqu’à vous.
—Je répondrais que je ne suis pas une demoiselle de Chalusse, et tout serait dit... Bouleversée par la nouvelle de la mort de mon frère, j’ai laissé échapper mon secret... prévenue, je saurais le garder.