—Que t’a-t-elle dit?

—Le comte de Chalusse est mort ce matin...

Mme Férailleur respira.

Assurément elle s’attendait à tout autre chose, et en quoi cette mort était un désastre, elle ne le concevait pas. Ce qu’elle comprenait fort bien, par exemple, c’est que cette conversation, debout, dans cette salle où passaient cent personnes par minute, était une insigne imprudence et constituait un véritable danger.

Elle prit donc le bras de son fils, et l’entraîna en disant:

—Viens, sortons...

Pascal avait gardé la voiture qui lui avait servi pour ses courses de la soirée; il y fit monter sa mère et monta lui-même, après avoir donné l’adresse de sa nouvelle demeure.

—Parle, maintenant, dit Mme Férailleur, après que le cocher eut fouetté ses chevaux.

Le malheureux était en un de ces moments d’agonie morale et de défaillance de la pensée, où parler est un véritable supplice...

Mais il ne voulait pas inquiéter sa mère, ni qu’elle pût le soupçonner de manquer de fermeté... D’un effort violent, il secoua la torpeur qui l’envahissait, et d’une voix assez élevée pour dominer le bruit des roues: