—Et tu te plains!...
—Oh!... ma mère!... Puis-je donc l’épouser!... M’est-il permis même de songer à lui offrir un nom déshonoré!... Il me semble que je commettrais une action vile, plus qu’un crime, si j’osais lui parler de mon amour et de notre avenir, avant d’avoir écrasé les infâmes qui m’ont perdu...
Les regrets, la rage, la conscience de son impuissance momentanée, lui arrachaient des larmes que Mme Férailleur devinait, qui retombaient, sur son cœur comme du plomb en fusion, mais dont elle réussit à ne point paraître émue.
—Raison de plus, prononça-t-elle froidement, pour ne pas perdre une seconde, pour donner à l’œuvre de réhabilitation tout ce que tu as de force, d’intelligence, d’énergie.
—Oh!... je me vengerai, je le veux... Mais elle, en attendant, que deviendra-t-elle?... Songe, mère, qu’elle est seule au monde, sans amis, abandonnée!... C’est à devenir fou!...
—Elle t’aime, dis-tu... Qu’as-tu à craindre? Maintenant elle est débarrassée des obsessions de ce prétendant qu’on voulait lui imposer et dont elle t’avait parlé... Le marquis de Valorsay, n’est-ce pas?...
Ce nom charria au cerveau de Pascal tout le sang de ses veines...
—Ah!... s’écria-t-il, le misérable!... S’il y avait un Dieu au ciel...
—Malheureux! interrompit Mme Férailleur, tu blasphèmes, quand déjà la Providence se déclare pour toi!... Lequel, à cette heure, penses-tu qui souffre le plus, de toi, fort de ton innocence, ou du marquis s’apercevant qu’il a commis un crime inutile?
Une secousse du fiacre l’interrompit.