Abandonnant le chemin d’Asnières, le cocher avait remonté la route de la Révolte, et il venait de s’arrêter devant une maison isolée, de très-modeste apparence, à un seul étage.

—Nous sommes arrivés, mère, dit Pascal.

Sur le seuil de la maison, un homme les attendait qui accourut leur ouvrir la portière. C’était le marchand de meubles.

—Enfin vous voici, M. Mauméjan! dit-il. Tenez, et vous verrez que j’ai strictement rempli les conditions de notre marché.

Il disait presque vrai; on lui remit le prix convenu et il s’éloigna content.

—Maintenant, chère mère, reprit Pascal, permets que je te fasse les honneurs du pauvre logis que je t’ai choisi...

De cette humble maison, il n’avait loué que le rez-de-chaussée. L’étage supérieur, qui avait une entrée et un escalier indépendants, était occupé par un honnête ménage.

Tel quel, ce rez-de-chaussée était étroit, mais propre, et l’architecte avait intelligemment tiré parti du terrain.

Le tout se composait de quatre petites pièces, séparées par un corridor. La cuisine prenait jour sur un petit jardin grand comme quatre fois un drap ordinaire.

Les meubles achetés par Pascal étaient un peu plus que simples, mais faits pour ce pauvre intérieur; ils venaient d’être apportés, et on les eût dit en place depuis des années...