Il paraissait d’ailleurs avoir oublié complétement et sa colère et sa perte. Il était d’excellente humeur, comme un homme qui part pour une partie où il compte prendre du plaisir.
Même, Chupin ayant fait mine de monter sur le siége, il s’y opposa et lui commanda de prendre place dans la voiture, à côté de lui...
Le trajet dura peu. Le cheval était bon, le cocher avait été stimulé par la promesse d’un magnifique pourboire; M. Fortunat et son employé furent conduits en moins de quarante minutes à la porte d’Asnières.
Ainsi qu’il en avait reçu l’ordre au départ, le cocher s’arrêta hors des fortifications, à droite de la route, à cent pas environ de la grille de l’octroi.
—Eh bien!... bourgeois, demanda-t-il en ouvrant la portière, vous ai-je bien menés êtes-vous contents?...
—Très-contents, répondit M. Fortunat, que Chupin aidait à mettre pied à terre, voilà le pourboire gagné. Maintenant il ne s’agit plus que de nous attendre... Vous ne bougerez pas d’ici, n’est-ce pas?...
Mais le cocher branla la tête:
—Excusez-moi, fit-il, si cela vous était égal, j’irais stationner devant l’octroi... Ici, voyez-vous, j’aurais peur de m’endormir... tandis que là-bas...
—Soit, allez.
Cette seule précaution du cocher devait prouver à M. Fortunat que Chupin ne lui avait pas exagéré la mauvaise réputation de cette partie de Paris.