Ce qui l’occupait, c’était la préoccupation de Mme d’Argelès. Elle regardait de tous côtés, se dressant même parfois à demi dans sa voiture, tournant la tête toutes les fois qu’elle entendait le galop d’un cavalier. Visiblement, elle cherchait ou elle attendait quelqu’un.
Ce quelqu’un ne paraissant pas, et lassée sans doute d’attendre après trois tours, elle fit un signe à son cocher, qui se dégagea de la file des équipages et lança son cheval dans une allée latérale.
—Bon!... pensa Chupin, voilà ma pratique qui rentre, je ne ferai pas mes frais... Cependant, je voudrais bien trouver un sapin...
Il en trouva un, heureusement, et assez passablement attelé pour suivre la victoria.
Seulement, il s’était trompé, Mme d’Argelès ne rentrait pas. Son cocher qui avait ses instructions, descendit les Champs-Élysées, traversa la place de la Concorde, gagna les boulevards et s’arrêta court à l’angle de la rue de la Chaussée-d’Antin.
Aussitôt, elle ramena un voile épais sur sa figure, sauta à terre et s’éloigna...
Ce fut si vivement fait, que Chupin n’eut que le temps de jeter deux francs à son cocher et de prendre sa course. Déjà sa pratique, comme il disait, venait de tourner le coin de la rue du Helder et la remontait d’un bon pas... Il était un peu plus de cinq heures, le jour baissait.
—Je brûle, murmurait Chupin, je brûle, bien sûr!...
Cependant Mme d’Argelès avait pris le trottoir du côté des numéros impairs. Quand elle eût dépassé le Nº 43, où est l’hôtel de Hombourg, elle ralentit sa marche, et avec une attention visible, examina une des maisons d’en face, celle qui portait le Nº 48.
Son examen dura peu, moins d’une minute, et parut la satisfaire.