Chupin décidait cela, parce qu’il ne concevait pas de parti meilleur.
Maître des événements, il eût agi tout autrement.
Il eût purement et simplement supprimé cet héritage dont il ne trouvait pas que M. Wilkie fût digne...
—Le diable sait ce qu’il en fera, pensait-il... Bien sûr il le mangera comme mon père a mangé la fortune qu’on lui avait donnée... Il n’y a que les gredins pour avoir de la chance!...
L’effort de sa méditation ne l’empêchait pas de surveiller fort attentivement l’entrée de la maison Brébant, car il était de la plus haute importance que M. Wilkie ne lui échappât pas...
Il faisait grand jour et le restaurant se vidait...
Paris s’éveillant et se levant, les aimables viveurs, qui avaient passé ce qu’on est convenu d’appeler une joyeuse nuit, se décidaient à regagner leur logis pour se coucher et dormir...
Cela distrayait Chupin de les examiner à leur sortie.
Il y en avait qui titubaient, ou qui, abêtis par la boisson, s’en allaient la tête basse, en rognonnant des phrases incohérentes... D’autres, tout aussi ivres, mais plus nerveux, très-animés encore, chantaient en se retirant, discutaient à pleine voix ou interpellaient les balayeurs... Les plus sobres, honteux d’être surpris par le jour, et rougissant d’eux-mêmes, se sauvaient à toutes jambes, rasant les maisons... Il y en eut un que les garçons durent porter jusqu’à une voiture, il ne tenait plus debout...
Il n’y avait plus alors que cinq ou six voitures de nuit devant la porte, et les cochers se démenaient et criaient, faisant de leur mieux pour racoler quelque pratique avant de regagner leur remise...