—Et pourquoi ne réussirait-elle pas?... poursuivait-il. En fut-il jamais une si simple et si belle!... Je puis tout exiger: cent, deux cent, trois cent mille francs... Ah! le comte de Chalusse a bien fait de mourir... Du coup, je pardonne à Valorsay... Qu’il garde mes quarante mille francs, je les lui donne... Qu’il épouse Mlle Marguerite, je lui souhaite beaucoup d’enfants... Et que la dame d’Argelès soit bénie!

Il voyait si bien sa fortune faite que, dès midi, n’y tenant plus, il monta en fiacre avec Chupin pour se rendre chez M. Wilkie, déclarant qu’au besoin il saurait bien l’éveiller.

Arrivé rue du Helder, il recommanda une fois encore à son employé de l’attendre dans la voiture, et pénétrant dans la maison, il demanda:

—M. Wilkie?...

—Au second, répondit le concierge, la porte à droite.

Le chasseur d’héritages monta lentement.

Il sentait l’absolue nécessité de se remettre, de reprendre son inébranlable aplomb, et c’est seulement quand il se fut composé une figure de circonstance qu’il sonna.

Un petit domestique, souffre-douleur de M. Wilkie, et qui se vengeait en le volant outrageusement, vint ouvrir et commença par déclarer que son maître était absent...

Mais M. Fortunat s’entendait à forcer les consignes. Il manœuvra si bien que le jeune garçon embarrassé finit par le faire entrer dans un petit salon, en lui disant:

—Alors, asseyez-vous, je vais prévenir Monsieur.