«Chère, bien chère enfant...»

«Chère enfant!...» Qu’est-ce que cela voulait dire!... Il était donc au monde une personne qui s’intéressait à elle, qui l’aimait assez pour l’appeler ainsi.

Vivement, elle tourna le feuillet pour voir la signature, et elle pâlit un peu en la voyant.

—Ah!.. fit-elle involontairement, ah! ah!...

La lettre était signée: «Athénaïs de Fondège.» C’était la femme du «général» qui lui écrivait.

Elle reprit:

«J’apprends à l’instant la perte si cruelle que vous venez de faire, et aussi que ce pauvre comte de Chalusse, faute de dispositions testamentaires, vous laisse, vous sa fille adorée, presque sans ressources.

«Je n’essaierai pas de vous adresser des consolations stériles. A Dieu seul il appartient de calmer certaines douleurs. Je serais allée pleurer avec vous, si je n’étais retenue au lit par la fièvre.

«Mais demain, quoi qu’il arrive, je serai près de vous avant déjeuner.

«C’est aux jours d’épreuve, chère et malheureuse enfant, qu’on compte ses véritables amis... nous sommes les vôtres, j’espère vous le prouver.