Elle se roidit contre la douleur, et alors la pensée lui vint que peut-être elle arriverait jusqu’à Pascal, avec l’aide de l’homme employé jadis par le comte de Chalusse, M. Fortunat.
Cet espoir, c’était le salut... Elle s’y attacha d’une étreinte désespérée, comme le naufragé à l’épave, qui, en le soutenant au-dessus du gouffre, lui permet d’attendre un secours problématique...
Retrouver Pascal, le rejoindre n’importe où, partager son sort quel qu’il fût, c’était là une tâche digne du courage de Mlle Marguerite.
Aussi, quand elle rentra à l’hôtel, sa résolution était bien prise, et elle avait recouvré ce calme imposant qui lui était habituel...
Il n’était pas tout à fait onze heures, quand elle revint, suivie de Mme Léon, s’agenouiller dans la chambre mortuaire... Elle n’y était pas depuis dix minutes lorsque M. Bourigeau, le concierge, lui monta une lettre qu’on venait d’apporter. Si tard, c’était au moins surprenant...
L’adresse était ainsi libellée:
A Mademoiselle
Marguerite de Durtal de Chalusse,
A l’hôtel de Chalusse
Rue de Courcelles.
Mlle Marguerite rougit. Qui donc lui donnait ce nom qu’elle n’avait pas le droit de porter!...
Elle étudia un moment l’écriture, mais elle ne se rappela pas l’avoir jamais vue. C’était l’écriture d’une femme, mais elle avait beau évoquer ses souvenirs, il lui semblait qu’elle ne connaissait aucune femme.
Enfin, elle brisa l’enveloppe et lut: