Bientôt il fut évident que l’estimable femme de charge dormait profondément.

Alors Mlle Marguerite se leva, sortit de la chambre sur la pointe du pied, et gagna le jardin après s’être munie d’allumettes et même d’un bout de bougie.

Du premier coup, elle comprit qu’elle avait deviné juste.

La petite porte venait d’être ouverte et refermée, cela sautait aux yeux. Les toiles d’araignées qui avaient comme scellé les verroux étaient déchirées et arrachées, la rouille qui avait pour ainsi dire soudé la clef dans la serrure était brisée, enfin, sur la poussière amassée le long de la poignée, était visible l’empreinte d’une main...

—Et j’ai confié mes plus chers secrets à cette méchante femme! pensa Mlle Marguerite. Folle que j’étais... imprudente!...

Fixée désormais, elle éteignit sa bougie.

Mais, ayant tant fait, elle voulut pousser jusqu’au bout cette sorte d’enquête, et elle ouvrit la petite porte.

Devant, du côté de la rue alors, il y avait un assez large espace tout couvert de terre détrempée par les dernières pluies, et qui n’était point sèche encore.

Sur cette terre, à la seule lueur du réverbère voisin, Mlle Marguerite distingua des traces de pas, des piétinements fort nettement accusés.

A la seule disposition de ces empreintes, un observateur eût reconnu que là avait eu lien une sorte de lutte; il en eût recherché la cause, et infailliblement fût arrivé à la vérité...