Restait à décider comment elle donnerait de ses nouvelles à son vieil ami. Ils cherchèrent et trouvèrent un moyen de correspondance qui devait déjouer la plus exacte surveillance du général et de sa femme.

—Et maintenant, fit le juge de paix, remontez vite chez vous... Qui sait ce que pense Mme de Fondège de votre absence?...

Mais Mlle Marguerite avait une requête à présenter.

Elle avait vu très-souvent entre les mains de M. de Chalusse, un petit cahier relié où il notait l’adresse des gens avec qui il était en relations. L’adresse de M. Fortunat devait s’y trouver.

Elle demanda donc et obtint du juge de paix la permission de rechercher ce répertoire. Elle le trouva, et à sa grande joie, à la lettre F, elle lut:

Fortunat (Isidore), agent d’affaires, 28, place de la Bourse.

—Ah!... je suis sûre à cette heure de retrouver Pascal, s’écria-t-elle.

Et après avoir une fois encore remercié le juge de paix, dissimulant sous l’air le plus abattu qu’elle put prendre ses grandes espérances, elle regagna sa chambre.

—Comme vous avez été longtemps, bon Dieu! lui dit Mme de Fondège.

—J’ai eu beaucoup d’explications à donner, madame.