M. Fortunat leva les bras au ciel.
—Cinq mille francs!... répéta-t-il d’un ton d’admiration sans bornes; il est donc bien riche, ce comte!...
—Si riche, monsieur, qu’il ne connaît pas sa fortune... Il a qui sait combien de maisons sur le pavé de Paris, et de tous côtés des châteaux, des villages entiers, des forêts... enfin, de l’or à remuer à la pelle.
Le soi-disant clerc d’huissier fermait les yeux comme s’il eût été ébloui.
—La seconde fois que je me suis présentée chez M. le comte, reprit Mme Vantrasson, je ne l’ai pas vu, mais il m’a fait remettre mille francs. La troisième et la quatrième fois, on m’a donné vingt francs à la porte, en me disant que M. le comte était en voyage... J’ai compris que c’était fini. D’ailleurs, tous les domestiques étaient changés. Un beau matin, sans qu’on ait su pourquoi, M. de Chalusse a fait maison nette, à ce qu’on m’a dit, il a renvoyé jusqu’au concierge et remplacé même la femme de charge.
—Pourquoi ne pas vous adresser à sa femme?
—M. de Chalusse n’est pas marié... Il ne l’a jamais été.
Au ton de son hôte, Mme Vantrasson devait croire que, saisi de pitié, il se creusait la cervelle à lui chercher quelque expédient utile...
—Moi, fit-il, je tâcherais d’intéresser à mon malheur la famille, les parents...
—M. le comte n’a pas de parents.