—Quoi!... vous supposez...
—Je ne suppose pas... je suis sûr que M. de Coralth agissait pour le compte d’un misérable qui n’avait pas le courage de son infamie!...
—Possible!... Je ne vois guère de scélératesse qui puisse l’effrayer... Mais qui donc l’a employé à cette œuvre abominable de déshonorer un honnête homme!...
—Le marquis de Valorsay.
A ce nom, le baron bondit sur son divan.
—Impossible! s’écria-t-il, absolument impossible!... M. de Valorsay est incapable de la lâcheté dont vous l’accusez... Que dis-je? il est au-dessus même du soupçon. Voici bien des années que je le vois, et jamais je n’ai connu un homme plus loyal, plus honnête, plus brave. Pour tout dire, il est de mes amis, nous nous voyons presque tous les jours, et je l’attends aujourd’hui même.
—C’est cependant lui qui a poussé M. de Coralth.
—Mais pourquoi?... Dans quel but?...
—Pour épouser une jeune fille que j’aime... Elle... m’aimait, il a reconnu que j’étais un obstacle, il m’a supprimé, plus sûrement que s’il m’eût fait assassiner. Mort, elle m’eût pleuré... déshonoré, elle me repousse.
—Valorsay est donc fou de cette jeune fille?