—Alors, voici: Je ne connais pas le marquis de Valorsay... Si, au lieu de laisser la porte grande ouverte, vous la laissiez seulement entre-bâillée, j’entendrais aussi distinctement et je pourrais regarder, voir...
—Entendu!... répondit le baron.
Et ouvrant la porte de communication, il parut dans la salle à manger, la main amicalement tendue, et disant de sa meilleure voix:
—Excusez-moi, cher ami, de vous avoir laissé seul... On m’a remis votre lettre ce matin, et je vous attendais, mais il m’est survenu une affaire... Vous allez bien, d’ailleurs?...
A l’entrée du baron, le marquis de Valorsay s’était vivement avancé vers lui.
Ou il avait imaginé un nouveau plan et l’espoir lui revenait, ou il avait sur lui-même une terrible puissance. Jamais il n’avait paru plus calme. Jamais son visage n’avait mieux exprimé l’insouciance hautaine, la satisfaction de soi et le dédain des autres, qui sont le comble de la distinction.
Il était mis avec plus de recherche encore que d’ordinaire, avec un goût parfait, du reste, et son valet de chambre s’était surpassé en le coiffant... on eût juré qu’il avait encore beaucoup de cheveux.
S’il éprouvait quelque émotion intérieure, elle ne se trahissait que par la roideur de sa coquine de jambe droite, la jambe cassée à la Marche.
—C’est à vous qu’il faut demander comment va la santé, dit-il au baron, vous paraissez tout agité, votre cravate est à demi dénouée...
Et montrant à terre des débris de porcelaines brisées: