Mais il y avait des courses! Mais M. Wilkie avait à surveiller «Pompier de Nanterre,» ce fameux «steeple-chaser» dont il était propriétaire pour un tiers, et à donner ses ordres au jockey dont il était—pour un tiers également—le maître et le seigneur.

Devoirs sacrés!... ce fait d’être commanditaire d’une malheureuse rosse, constituait tout l’état social de M. Wilkie. Cela le posait bien, dans son monde. Cela justifiait les trophées de cravaches et d’éperons qui ornaient son appartement de la rue du Helder, et lui permettait de trancher du sportman.

Bien plus; il s’imaginait très-positivement être attendu sur «le turf,» et que, sans lui, la fête ne serait pas complète.

Cependant lorsqu’il se présenta dans l’enceinte du pesage, fièrement, le cigare à la bouche, la carte au chapeau, il dut s’avouer que son entrée ne faisait pas sensation.

Une étonnante nouvelle circulait et donnait aux groupes de parieurs et de turfistes,—M. Wilkie eût dit «au ring,»—un aspect tumultueux.

On discutait à grand renfort de mots anglais la soudaine détermination prise par le marquis de Valorsay de «payer forfait» et de retirer tous ses chevaux engagés. Les mieux informés assuraient même que la veille, au «Betting-Rooms», il avait annoncé hautement l’intention où il était de vendre son écurie de courses.

Si le marquis, en prenant ce parti, avait espéré désarmer la malveillance, l’événement déjouait son calcul.

La rumeur allait grossissant, qui l’accusait d’avoir, aux courses du dimanche précédent, parié sous main contre son cheval «Domingo» et d’avoir ensuite donné des ordres pour qu’il ne gagnât pas.

Il y avait des sommes considérables engagées sur Domingo, qui était «grand favori,» et les perdants n’étaient pas contents.

D’aucuns affirmaient qu’ils avaient vu le jockey de Valorsay «tirer» Domingo, c’est-à-dire le retenir; ils soutenaient qu’il fallait faire un exemple, «disqualifier» à perpétuité le marquis et son jockey, autrement dit les exclure à tout jamais des courses. Cette mesure eût annulé les paris.