—Oui, monsieur... Donc, les choses en étaient là, quand, une nuit, le jardinier crut entendre un bruit terrible dans un pavillon qui était au bout du jardin...
Il était très-vaste, ce pavillon, je l’ai visité. Il s’y trouvait un salon, une salle de billard, une grande salle pour faire des armes...
Naturellement, le jardinier se lève pour voir ce qui arrive. Juste comme il sort, deux ombres passent tout près de lui et disparaissent sous les arbres... Il court après... rien... Les ombres avaient filé par la petite porte du jardin.
Dix fois, en me contant cela, le jardinier m’a dit qu’il avait cru avoir affaire à des domestiques sortant en cachette, et que pour cette raison il ne donna pas l’éveil.
Il fit le tour du pavillon cependant, n’y vit pas de lumière, et tranquillisé, il retourna se coucher...
—Et c’était Mlle Hermine qui s’enfuyait avec un amoureux, fit M. Fortunat...
Mme Vantrasson eut l’air dépité d’un acteur qui se voit couper un effet.
—Attendez donc, répondit-elle, vous allez voir:
La nuit se passe, le matin arrive, puis l’heure du déjeuner... on ne voit pas paraître Mlle Hermine. On va frapper à sa porte... pas de réponse. On ouvre... Elle n’était pas dans sa chambre, et même le lit n’était pas défait...
Qu’est-ce que cela veut dire?... Voilà toute la maison en l’air: la mère qui se désole, le père qui est fou de colère et de douleur...