Comme de juste, on songe au frère de Mlle Hermine, et on monte le chercher... Il n’était pas chez lui, et son lit n’était pas défait non plus.

Tout le monde perdait la tête, quand le jardinier eut l’idée de raconter l’aventure de la nuit.

On court au pavillon, et que voit-on?... M. Raymond étendu à terre sur le dos, baigné dans son sang, roide, froid, immobile... comme mort, enfin! Une de ses mains serrait encore une épée...

On le relève, on le porte dans son lit, on envoie chercher un médecin... Il avait reçu deux coups d’épée, un à la gorge, l’autre en pleine poitrine...

Pendant plus d’un mois il resta entre la vie et la mort; et ce n’est qu’au bout de six semaines qu’il eut la force de raconter ce qui était arrivé.

Il fumait un cigare à sa fenêtre, quand il lui avait semblé distinguer une femme dans le jardin. Tout préoccupé de l’idée de sa sœur, il était descendu à la hâte, s’était glissé jusqu’au pavillon, et là, il avait trouvé près de Mlle Hermine un jeune homme qui lui était absolument inconnu.

Il pouvait le tuer, n’est-ce pas, et il ne lui eût rien été fait. Au lieu de cela, il lui déclara qu’ils allaient se battre à l’épée... Ils avaient des armes sous la main, ils se battirent... il fut blessé deux fois coup sur coup et tomba...

Et l’autre, croyant l’avoir tué, s’enfuit, entraînant Mlle Hermine...

Mme Vantrasson eût bien voulu reprendre haleine, et sans doute, par la même occasion se rafraîchir un peu; mais M. Fortunat était pressé; Vantrasson pouvait rentrer d’une minute à l’autre.

—Et ensuite?... demanda-t-il.