—Une femme respectée, Lia. Vous passerez en Angleterre, vous vous installerez dans quelque joli cottage des environs de Londres et vous vous y créerez une personnalité nouvelle... Le produit de la vente de votre mobilier suffira bien un an à vos besoins et à ceux de Wilkie... Au bout de ce temps, vous réunirez les actes indispensables, vous ferez constater votre identité et vous réclamerez la succession du comte de Chalusse...
Mme d’Argelès se dressa tout d’une pièce.
—Jamais!... s’écria-t-elle, jamais!...
Évidemment le baron crut qu’il avait mal entendu, qu’il comprenait mal.
—Quoi!... balbutia-t-il, vous voulez abandonner à l’État ces millions qui vous appartiennent légitimement?
—Oui, je le veux... il le faut...
—Vous sacrifierez l’avenir de votre fils...
—Non... ce que je ne puis faire, moi, Wilkie le fera... plus tard.
—Mais c’est de la folie...
A l’abattement de Mme d’Argelès, une agitation fébrile succédait; la colère crispait ses traits, et ses yeux, mornes et éteints d’ordinaire, flamboyaient...