C’est à quoi s’appliqua le vicomte de Coralth, avec un luxe de recommandations qui trahissait le peu de confiance que lui inspirait la perspicacité de son client.
—La d’Argelès, pensait-il, est fine comme l’ambre; elle va jouer à ce jeune idiot une comédie où il ne verrait que du feu, s’il n’était prévenu.
Il le prévint donc, et le styla en associé intéressé au succès pour plus d’un demi-million.
M. Wilkie devait faire ceci ou cela, dire telle chose, répondre telle autre, se défier des larmes, ne pas se laisser décontenancer par les grands airs, prendre, selon les circonstances, telle ou telle attitude...
Le vicomte en eut pour une heure d’explications et de conseils, au grand déplaisir de M. Wilkie, lequel, à la fin, trouvait qu’on le traitait par trop en petit garçon, et protestait qu’il n’était pas un naïf, que diable!... qu’il s’en tirerait admirablement, sachant tout comme un autre conduire sa barque à l’occasion.
Cela n’empêcha pas M. de Coralth de poursuivre, jusqu’à ce qu’enfin, persuadé qu’il avait prévu toutes les éventualités et qu’il n’oubliait rien, il se leva.
—C’est bien tout, fit-il avec une nuance d’inquiétude... J’ai tracé le plan, à vous l’exécution. Et du sang-froid, ou nous sommes joués.
L’autre, fièrement, se redressa.
—Ce n’est pas à moi qu’on en fait voir!... affirma-t-il.
—Surtout, ne perdez pas une minute.