Et les chevaux qu’il aurait, les voitures armoriées, les jockeys, les maîtresses, tout cela dansait dans sa tête une effroyable sarabande.

Un éclair d’envie qu’il lui semblait avoir surpris dans l’œil de M. de Coralth mettait le comble à son bonheur... Être envié déjà par ce brillant vicomte, son modèle et son idéal, quelle gloire! et que serait-ce donc plus tard?...

Le renom de Mme d’Argelès avait d’abord jeté une ombre sur sa joie, mais cette ombre, à la réflexion, s’était dissipée... Il n’avait pas de préjugés et ne souffrait pas personnellement de la situation de cette femme, qui était sa mère... Restait donc le monde... Mais, bast! le monde n’a guère de préjugés non plus, et jamais il ne s’informe des parents des millionnaires... La société ne demande de passeport qu’aux indigents... Enfin, quoi qu’eût fait Mme d’Argelès, elle n’en était pas moins une demoiselle de Chalusse, c’est-à-dire l’héritière d’un des plus grands noms de France...

Ainsi réfléchissait M. Wilkie, tout en s’habillant avec plus de soins encore que de coutume.

Il avait été choqué de cette idée que Mme d’Argelès essaierait peut-être de le renier, et il tenait à paraître devant elle avec tous ses avantages... Sa toilette fut longue.

Cependant, un peu après midi, il était prêt. Il s’adressa dans la glace un dernier sourire, hérissa sa moustache blonde et partit...

Même, il partit à pied, ce qui était une concession aux idées absurdes, selon lui, de M. de Coralth...

L’aspect de l’hôtel d’Argelès, rue de Berry, le disposa bien, mais lui enleva quelque peu de son triomphant aplomb.

—Mâtin! grommela-t-il, c’est très-chic, ici!...

Sur la porte, deux domestiques, le concierge en bas de soie, et Jobin, l’homme de confiance, tout de noir habillé, causaient.