M. Wilkie s’approcha d’eux, et de son plus grand air, mais non sans un léger tremblement dans la voix, demanda:

—Mme d’Argelès?

—Madame est à la campagne, répondit le concierge, et ne sera de retour que ce soir... Si Monsieur veut laisser sa carte...

—Oh! inutile, je repasserai....

C’est que M. de Coralth lui avait surtout recommandé de ne se pas annoncer, d’arriver autant que possible inopinément chez Mme d’Argelès, de ne pas lui laisser surtout le temps de se reconnaître et de se préparer. Et il avait fini par comprendre que c’était peut-être là autant de précautions utiles au succès...

N’importe, cette première déconvenue le dépita extraordinairement... Que faire et comment tuer le temps, pendant tout une après-midi, bouleversé comme il l’était, dévoré d’anxiété et d’impatience, incapable de tenir en place...

Une voiture passait, il la prit et se fit conduire au bois; puis il revint au boulevard, fit une partie de billard avec un des co-propriétaires de Pompier de Nanterre, qui le crut ivre, et finalement, dîna le plus longtemps possible au café Riche...

Il achevait de humer son café quand huit heures sonnèrent. Lestement il prit son chapeau, enfila ses gants et courut à l’hôtel d’Argelès.

—Madame n’est pas encore rentrée, répondit le concierge, qui savait que sa maîtresse venait seulement de se lever; mais je ne crois pas qu’elle tarde... et si Monsieur veut...

—Rien du tout!... répondit brusquement M. Wilkie.