Furieux, cette fois, il se retirait, quand ayant par hasard traversé la rue et levé la tête, il découvrit qu’on allumait les salons du premier étage de l’hôtel... Deux des fenêtres du second étage étaient fortement éclairées.

—Ah!... je la trouve mauvaise!... grogna l’intelligent jeune homme. Ce n’est pas à moi qu’on la fait, celle-là!... Elle y est!...

L’idée lui venait que Mme d’Argelès l’avait fait connaître à ses gens et qu’il était sévèrement consigné à la porte.

—C’est ce que je saurai, pensa-t-il, quand je devrais monter la garde ici jusqu’à demain matin!...

Sa faction durait depuis longtemps, quand un coupé s’arrêta devant l’hôtel d’Argelès dont la porte s’ouvrit comme par enchantement... Le coupé tourna dans la cour, déposa ceux qui s’y trouvaient, sur le perron, et repartit... Une seconde voiture suivit de près, puis une troisième, puis cinq ou six à la file...

—Et on croit, grommelait M. Wilkie, que je vais faire le pied de grue pendant que tout le monde entre!... Jamais de la vie!... J’ai une idée..

C’est pourquoi, sans réfléchir davantage, il regagna son appartement, revêtit sa tenue de soirée, et envoya chercher sa voiture au mois.

—Vous allez me conduire rue de Berry, nº..., dit-il au cocher; il y a une soirée dans cette maison, vous entrerez dans la cour...

Le cocher obéit, et alors il fut prouvé à M. Wilkie que son idée n’était pas bonne, mais excellente.

Dès qu’il sauta sur le perron, on lui ouvrit la porte vitrée, et il gravit sans encombre un bel escalier recouvert d’un épais tapis et tout garni de fleurs...