Debout près de la fenêtre, immobile et comme pétrifié, M. Wilkie considérait d’un œil ahuri Mme d’Argelès, sa mère, qui, affaissée au milieu du petit salon, le visage caché entre ses mains, sanglotait...

Pour se retirer, il eût sans balancer donné son tiers de Pompier de Nanterre.

Ce n’est pas qu’il se rendît exactement compte de ce que la position avait d’extrême et de poignant, mais il en subissait l’étrangeté... Ce n’était pas de l’émotion qu’il éprouvait, mais une sorte d’effroi instinctif mêlé de commisération... Aux cris désespérés que sa présence arrachait à cette malheureuse femme, il n’avait pas compris grand’chose, mais sa voix l’avait remué et bouleversé...

Et tous ces sentiments confus se résumaient en un inexprimable malaise dont il s’irritait comme d’une faiblesse.

—Allons, bon!... pensait-il, des larmes, du mélodrame!... Les femmes sont incroyables!... Il serait si simple de s’expliquer tranquillement, gentiment...

Il n’en perdait pas moins la tête, ne sachant que résoudre, quand des pas sur le palier, près de la porte, le tirèrent de sa torpeur...

L’idée qu’on pouvait entrer et le surprendre le fit frémir... Il entrevit la possibilité du ridicule.

S’armant donc de toute sa résolution, il se pencha vers Mme d’Argelès, et la prenant sous les bras:

—Ne pleurez pas ainsi, lui dit-il... Vous me faites de la peine, parole sacrée! Voyons, levez-vous!... On va venir... entendez-vous?... On vient...

Il la soulevait, sans arrêter de parler, et comme elle n’opposait aucune résistance, qu’elle s’abandonnait, au contraire, toute brisée et inerte, il la redressa et la soutint jusqu’à un fauteuil, où elle tomba lourdement...