—Quoi?...

—Un dernier avis: Le tribunal, sans doute, vous donnera gain de cause, je serai envoyée en possession de l’héritage de mon frère... mais retenez bien ceci: ni vous ni moi ne disposerons des millions.

—Allons donc! Pourquoi cela?...

—Parce que si cette fortune est bien à moi, son administration appartient à votre père...

M. Wilkie eut un soubresaut...

—A mon père!... fit-il... Impossible!...

—C’est ainsi, cependant. Et vous ne douteriez pas, si votre avidité, si vos préoccupations d’argent ne vous eussent fait oublier de m’interroger... Vous vous croyez enfant naturel, Wilkie, vous vous trompez... vous êtes mon fils légitime, je suis mariée...

—Bah!...

—Et mon mari, votre père n’est pas mort. S’il n’est pas ici, menaçant comme vous, c’est que j’ai réussi à lui faire perdre nos traces, et qu’il ne sait depuis dix-huit ans ce que nous sommes devenus... Mais il veille, soyez-en sûr... Au premier bruit d’un procès autour des millions de Chalusse, vous le verrez arriver armé de ses droits... Il est le chef de la communauté, mon maître, le vôtre... Ah! cela vous inquiète... Vous trouverez en lui d’ardentes convoitises, attisées par vingt ans de misère et d’attente. Laissez faire... votre âpreté au gain sera dépassée... Qui sait si vous ne regretterez pas les pauvres vingt mille francs de votre mère...

M. Wilkie était devenu plus blanc que sa chemise.