D’un seul mot, à ces instants-là, je pouvais lui arracher un aveu!...
Tout cela était si plausible, que Mme d’Argelès paraissait à demi-convaincue...
—Ah! que n’avez-vous prononcé ce mot... murmura-t-elle...
Lui sourit, d’un sourire perspicace et méchant, qui eût épouvanté M. de Coralth, s’il lui eût été donné de le voir...
—Pas si jeune! répondit-il... Ce n’est pas quand les nasses sont tendues qu’on rabouille l’eau pour effaroucher le poisson... Notre nasse, à nous, c’est la succession de Chalusse... laissez faire... le Coralth et le Valorsay viendront s’y prendre... Le plan n’est pas de moi, mais de M. Férailleur... Celui-là, sacrebleu, est un homme... et si Mlle Marguerite est digne de lui, ce sera un fier couple!... Sans s’en douter, votre fils nous a peut-être rendu ce soir un immense service...
—Hélas!... balbutia Mme d’Argelès, je n’en suis pas moins perdue, le nom de Chalusse n’en est pas moins déshonoré...
Elle voulait reparaître dans ses salons... elle dut renoncer à cette idée, sa physionomie seule eût trahi quelque scène terrible.
Mais les domestiques avaient entendu M. Wilkie, et les indiscrétions ont presque l’instantanéité du télégraphe.
Cette nuit-là même, dans les cercles de Paris, cette nouvelle étrange courait qu’on ne jouerait plus chez la d’Argelès, qu’elle était une demoiselle de Chalusse et la tante, par conséquent, de Mlle Marguerite, cette belle jeune fille recueillie par M. et Mme de Fondège.